EXTRAITS DE TEXTES

 








 

...Jusqu'en 1930, sa palette est austère, le trait aussi. Puis graduellement, jusqu'à l'embrasement final, elle se libère, le rouge irradie.
Premier succès officiel, en 1937, Charles WALCH obtient une médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris. L'année suivante, la galerie Billiet-Vorms lui consacre ses cimaises et Albert Marquet, qui ne le connaissait pas lui achète une toile. Le critqiue George Besson le soutient : le succès lui est promis, quand la seconde guerre mondiale la remise à plus tard. Bien que la défaite mortifie l'Alsace patriote, l'éclat de ses toiles se fait plus vif quand les autres artistes le mettent en berne. En octobre et en novembre 1958, le Musée des Beaux-Arts de Mulhouse lui consacre une cinquième exposition. Quelques semaines plus tard, dans son atelier, devant son chevalet, le poète est foudroyé par une hémorragie meningée. Il nous laisse ses émerveillements, sa joie de vivre, ses petits bonheur et son immense talent.

Eric  MERCIER
Charles Walch, dossier de la  Gazette de l'Hôtel Drouot n°2  du 13 janvier 2006

... Comme WALCH le peintre, WALCH le dessinateur répartit sur sa feuille ses noirs, ses gris, ses blancs. Les valeurs une fois acquises, le sujet naît, il vit. Il joue souvent avec la perspective, mais pourtant les personnages sont parfaitement campés dans le paysage. Ils se penchent avec amour sur l'objet et lui rendent la place qu'il méritent. A travers le jeu des blancs et des noirs, tout vit intensément et partout on devine les couleurs absentes....
...L'oeuvre dessiné de Charles WALCH est à part entière, oeuvre d'art autenthique. tous les ingrédients y sont : liberté d'esprit, l'inattendu d'une création puisée dans la vie qui s'impose et resplendit, caractère personnel et divine émotion. Emotion première surtout. La sagesse renvoie à l'enfance, a dit Pascal. Charles WALCH ou le printemps de la vie...

François WALCH
"Présences", Collection "Le Goût du Desssin", Editions Porte du Sud, 1990

...La place de Charles WALCH apparaît donc comme fort originale, qui seul ou presque parmi les hommes de son temps s'est fait le chantre du bonheur.
Un bonheur qui se fonde, chez lui, sur l'amour de la nature, sur l'admiration de la flore et de la faune, sur une tendresse, enfin pleine de reconnaissance pour les modestes joies de la vie familiale...
...A base de rouges et de bleus, mais faisant aussi la part belle aux jaunes et aux verts, et mettant ce chromatisme rutilant en valeur par l'introduction de blancs lumineux et de noirs colorés, les harmonies de l'artiste constituent tout à la fois la traduction de la splendeur de l'univers et de l'existence, ainsi que celle de la ferveur éprouvée par l'auteur à ce double spectacle.
WALCH n'aura pas connu de son vivant, la gloire que l'avenir, j'en suis certain, ne lui ménagera pas, car la postérité reconnaîtra en lui... un des rares peintres authentiques de sa génération.

Bernard DORIVAL
(Conservateur au Musée National d'Art Moderne)
Avant-propos de l'exposition du Palais de l'Isle, Annecy, 1971

... Je conserve le souvenir bien vivant de la première exposition de ce peintre au début de 1938 à la galerie Billiet-Worms.
Plus tard, le contact avec Charles WALCH contribua à m'approcher de son oeuvre. Il était un homme extraordinaire. Simple et bon enfant, calme, sans gestes, sans réthorique. Il avait toujours su allier la gentillesse et le sourire aux sentiments les plus graves. Préoccupé essentiellement par l'inquiétude de son travail. Désemparé lorsqu'il était éloigné de son atelier, de sa rue, de sa façon de vivre habituellement. Jamais il ne s'était accordé le moindre arrêt, ni même un ralentissement dans son effort. Pour se reposer, il tailla la pierre et rechercha la lumière dans des formes palpables. ses recherches des dernières années se dirigèrent vers une plus grande liberté d'expression. Ses couleurs avaient atteint l'éclat d'un vitrail. Ses dons de créateur, sa puissance d'expression étaient exceptionnels.

Jaime SABARTES (secrétaire de Picasso)
Les Lettres Françaises, "Hommage à Charles WALCH", Octobre 1958

...Ses éclatantes symphonies de couleurs et de lignes sont aujourd'hui trop solidement intégrées dans le patrimoine artistique du XXème siècle pour que les expositions présentes et futures de Charles WALCH servent de prétexte à ces révisions dont sont menacées les oeuvres qu'une mode imposa et dont une autre mode détruit le fragile prestige. Rien ne prévaudra contre le charme et le caractère singulier, pictural et plastique, d'images naïves et nouvelles, inimitables, tant que le public qui se dit averti des choses de la peinture, verra dans les jeux chromatiques, non pas un but, mais, par l'accord mystérieux de la technique, du réel et de l'imagination, un moyen de communion entre les hommes.
George BESSON (critique d'art et grand collectionneur)
Préface de l'exposition de la Maison de la Pensée Française, 1953

Cette féérique imagerie est d'un grand style, et qui se perfectionne sans cesse, se pense, se concerte, trouve et déclare ses raisons. Elle s'élève à la grande composition.
...Ce peintre au coeur d'enfant est un homme qui parle un langage d'homme. Je me demande souvent si, dans le splendide et vital foisonnement des directions de la peinture actuelle, la voie royale ne serait pas un certain expressionnisme et si une satisfaction suprême ne nous serait pas apportée par des tempéraments tels que celui de WALCH, qui partent d'eux-mêmes, de leur originalité, de leur propre et singulière énergie pour dire leur sentiment du monde et déformer celui-ci à leur image et selon les impulsions, féroces ou amoureuses, de leur lyrique fantaisie.
...Ce génie poétique, il fut chez WALCH, d'une délicieuse vigueur, et les vertus dont je parle l'ont entretenu et nourri en vue d'une oeuvre durable... Si WALCH n'a pas dit tout ce qu'il avait à dire, du moins ce qu'il a dit ne pouvait-il être de façon plus nette, ni plus décisive. Dès son principe, son oeuvre avait été une victoire de la vie.

Jean CASSOU (conservateur en Chef du Musée National d'Art Moderne)
Préface de l'exposition retrospective au Musée national d'Art Moderne de Paris, 1949


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